Nouveau indice rénal à l’hypertension artérielle

Les scientifiques ont découvert un « remède contre la tension artérielle », a affirmé aujourd’hui le Daily Express. Dans son histoire dramatique en première page, le journal a rapporté qu’une percée qui identifie la cause de l’hypertension artérielle « pourrait sauver des millions de vies chaque année ».

Ces affirmations audacieuses sont prématurées, car elles proviennent d’une très petite étude en laboratoire qui a examiné des échantillons de tissus rénaux provenant de seulement 22 hommes. En comparant la génétique dans les reins de 15 hommes avec une pression artérielle élevée et 7 avec une pression artérielle normale, les chercheurs ont trouvé des variations dans les niveaux d’activité de certains gènes contenant les instructions pour la fabrication de protéines. En particulier, les hommes ayant une pression artérielle élevée avaient une activité plus faible dans le gène contenant le code pour la fabrication de l’hormone rénale rénine, qui régule la pression sanguine.

Alors que cette étude très complexe fournit un aperçu de l’activité des gènes dans le rein, les chercheurs eux-mêmes ne suggèrent pas qu’il pourrait conduire à un nouveau traitement ou un remède contre l’hypertension artérielle. Cette recherche intéressante a identifié des domaines pour une exploration plus approfondie par les scientifiques et les médecins, mais cette étude unique n’a certainement pas découvert un remède révolutionnaire pour l’hypertension, comme certains journaux l’ont suggéré.

D’où vient l’histoire?

Cette recherche a été réalisée par les universités de Sydney et de Ballarat en Australie et l’université de Leicester. L’étude a reçu un financement de diverses sources, notamment une subvention de l’Université de Sydney pour l’infrastructure de recherche, des subventions du Conseil national de la recherche médicale et médicale de l’Australie et une subvention du Conseil australien de la recherche. L’étude a été publiée dans la revue médicale Hypertension.

Cette recherche scientifique a été bien menée, mais ses implications ont été sur-gonflées par l’Express et le Daily Mail. Bien que cette étude relativement petite présente des résultats importants, ils sont de nature exploratoire et ne pointent pas directement vers la guérison de l’hypertension artérielle, comme l’ont suggéré les médias.

De quel type de recherche s’aggissait-t-il?

Cette étude en laboratoire a étudié la génétique qui peut sous-tendre l’hypertension artérielle. Il a examiné spécifiquement la façon dont le matériel génétique produit des protéines dans les reins, les organes qui filtrent les déchets et l’excès d’eau du sang et qui ont une forte influence sur la régulation de la pression artérielle.

De nombreuses fonctions clés du corps reposent sur des protéines spécifiques, dont beaucoup sont fabriquées par notre corps. Des sections d’ADN appelées gènes contiennent le code génétique pour produire des protéines spécifiques, y compris des hormones, des enzymes et des protéines qui forment des structures dans nos cellules.

La molécule d’ADN est constituée de deux longs brins liés entre eux dans un type particulier de spirale, appelée « double hélice ». Pour produire des protéines à partir de gènes dans l’ADN, le code génétique de l’ADN double brin est d’abord transféré dans une molécule monocaténaire appelée ARN messager (ARNm). Cela fournit une séquence modèle pour la production d’une protéine. Ce processus implique également un autre type d’ARN appelé microARN (miRNA). Cette très petite molécule régule la traduction de l’ARNm en protéine. En bref, l’ADN contenu dans un gène ne peut pas directement produire des protéines, et utilise donc l’ARNm comme modèle de la protéine et miRNA pour réguler le processus de production fièvre.

Cependant, la connaissance des effets du miARN sur la pression artérielle serait limitée. Cette étude a testé la théorie selon laquelle l’expression de différents gènes (c’est-à-dire avec quelle facilité ils sont utilisés pour fabriquer des protéines) et la présence de miARN peuvent affecter la pression sanguine d’une personne. Pour tester la théorie, les chercheurs ont examiné le matériel génétique dans les reins des personnes souffrant d’hypertension artérielle et chez les personnes ayant une tension artérielle normale. Ce faisant, ils espéraient obtenir des informations importantes sur ce qui motive le processus de la maladie.

Qu’est-ce que la recherche implique?

Des échantillons de tissu rénal ont été prélevés dans la banque de tissus rénaux de Silésie (SRTB), qui contient des échantillons d’individus d’origine européenne blanche polonaise dont un seul rein a été prélevé en raison d’un cancer du rein non invasif. Les échantillons ont été stockés dans la banque dans le but d’étudier les gènes candidats qui pourraient être impliqués dans les maladies cardiovasculaires.

Les diagnostics de pression artérielle élevée et normale chez ces donneurs de tissus avaient déjà été établis au moyen d’évaluations médicales. Pour les besoins de cette étude, ils ne comprenaient que des patients de sexe masculin: 7 hommes avec une pression artérielle normale et 15 avec une hypertension «essentielle» non traitée. Le terme essentiel est utilisé dans la profession médicale pour définir les cas d’hypertension artérielle pour lesquels la cause est inconnue, ce qui est le cas dans la plupart des cas. Les hommes avaient un IMC moyen de 26,8 kg / m2 et une moyenne d’âge de 57 ans. Les chercheurs n’ont pas considéré qu’il y avait des différences entre les deux groupes. Les échantillons de tissu de 1 cm3 utilisés dans cette étude auraient été prélevés dans une région du rein qui n’était pas affectée par le cancer.

Des méthodes d’analyse génétique ont été utilisées pour comparer l’activité des gènes et les quantités d’ARNm et de miARN dans les reins des participants. Les chercheurs ont examiné séparément deux régions du rein appelées la moelle et le cortex, respectivement les régions internes et externes du rein. Le cortex du rein est une région du rein qui est riche en vaisseaux sanguins, ce qui lui permet de transférer le sang vers et depuis le rein. Dans le cortex se trouve un réseau très complexe de structures filtrant le sang, dont certaines s’étendent dans la moelle. La moelle contient principalement les structures qui contrôlent l’équilibre du sel et de l’eau dans le corps, et régulent la quantité de ces substances filtrées dans l’urine.

Quels ont été les résultats de base?

Les chercheurs ont constaté qu’il y avait des différences dans l’activité de 14 gènes codant pour les protéines et de 11 miARN dans les reins des personnes souffrant d’hypertension comparativement à celles qui n’en avaient pas. Après que les chercheurs ont fait des ajustements pour l’âge, ils ont trouvé des différences dans l’activité de 12 gènes, et seulement 3 gènes après ajustement pour l’IMC.

Quand ils ont examiné la région du cortex du rein, les chercheurs ont constaté qu’il y avait des différences dans l’activité de 46 gènes différents, et des différences dans la production de 13 miARN différents. En utilisant d’autres techniques génétiques, ils ont validé que les niveaux de sept miARN étaient différents entre les deux groupes.

Les chercheurs ont ensuite examiné les cellules rénales cultivées dans un laboratoire pour examiner le rôle de deux miARN qui ont été différemment exprimés dans le cortex rénal des personnes souffrant d’hypertension artérielle. Ils ont constaté que les miARN étaient impliqués dans la régulation de la production de la protéine rénine à partir du gène REN. L’hormone rénine est impliquée dans la régulation de la pression artérielle. Les miARN étaient en outre impliqués dans la régulation des ARNm produits à partir de deux autres gènes (appelés APOE3 et AIFMI).

Comment les chercheurs ont-ils interprété les résultats?

Les chercheurs ont observé que leurs résultats fournissent de «nouvelles idées» sur les causes potentielles de l’hypertension, mettant en lumière l’implication de certaines voies chimiques dans les reins qui impliquent la rénine, d’autres gènes codant les protéines et des miARN.

Conclusion

Les chercheurs concluent que leur étude fournit de nouvelles idées sur les causes de l’hypertension artérielle, mais n’élargissent pas leurs conclusions plus loin. Ils ne disent certainement pas qu’ils ont trouvé une cause précise ou unique de l’hypertension, ou suggèrent que leurs résultats pourraient avoir des implications pour les traitements nouveaux ou existants.

Comme les chercheurs le reconnaissent, la disponibilité limitée du tissu rénal signifiait que la taille de l’échantillon de l’étude était petite. Les résultats sont également limités aux seuls mâles blancs. Les chercheurs ont déclaré qu’ils comprenaient seulement des hommes pour limiter la variabilité génétique qui viendrait à travers la comparaison des hommes et des femmes.

Il convient de noter que tous les échantillons de tissus proviennent de personnes atteintes d’un cancer du rein. Bien que les participants hypertendus aient été classés comme ayant une hypertension essentielle (sans cause connue) et que des échantillons de tissus aient été prélevés dans une région du rein non affectée par le cancer, il est possible que l’expression génétique dans les reins diffère de celle des la population générale avec une pression artérielle élevée. Cependant, étant donné que les hommes avec et sans hypertension artérielle avaient un cancer, on pourrait s’attendre à ce que le cancer ait un effet équivalent entre les deux groupes (à savoir, toute différence génétique entre eux devrait être due à autre chose que le cancer).

Cette étude ne peut que suggérer, et non prouver, que l’expression de ces gènes et microARN pourrait être associée à une pression artérielle élevée. Comme les chercheurs n’ont pas examiné les échantillons avant et après l’hypertension artérielle, il n’est pas possible de dire si l’activité de ces gènes causait de l’hypertension ou si d’autres processus pathologiques menaient à l’altération de l’activité des gènes.

Cette recherche utile fournit des perspectives et des domaines pour un examen plus approfondi parmi les communautés scientifiques et médicales. Cependant, en tant qu’étude unique, elle ne donne pas une réponse révolutionnaire à l’hypertension, et ses implications ont été sur-gonflées par la presse.

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